Un bracelet en or n’est pas un bijou comme les autres : son prix suit en partie celui du métal, qui reste très haut cet automne. Le 16 octobre 2026, le comptoir de référence Cookson-Clal affichait le lingot d’un kilo d’or fin à 119 486 euros au premier fixing, soit près de 120 euros le gramme. Pour l’homme qui hésite entre une gourmette en or, une chaîne plaquée ou un modèle en acier, la question vaut d’être posée maintenant, avant les achats de fin d’année.
Un métal cher, des bijoux qui sortent des tiroirs
La flambée a un effet visible : beaucoup de Français vendent leurs bijoux au lieu d’en acheter. Le Journal du Geek du 11 octobre rapporte que la maison Godot & Fils constate une fréquentation de ses comptoirs de rachat en hausse de 40 % en deux ans. Son directeur général, Alexis Monceaux, y décrit sur BFMTV des jeunes qui revendent pour compléter leurs revenus et des familles qui mobilisent leur or pour financer une voiture ou un apport.
Le stock est considérable. Une étude du cabinet EY pour Francéclat, le comité professionnel de la bijouterie, présentée en mai et détaillée par or.fr, estime que les ménages détiennent 4 026 tonnes d’or. Les bijoux pèsent 1 634 tonnes et représentent 81 % des objets détenus. Deux Français sur trois possèdent au moins une pièce en or, et 22 % des détenteurs en ont déjà vendu ou donné.
Le chiffre le plus parlant pour notre sujet est ailleurs : selon la même enquête, 76 % des bijoux en or dorment dans un tiroir sans être portés. Un bracelet d’homme hérité d’un père ou d’un grand-père fait souvent partie de ce lot.
Ce que vaut vraiment un bracelet en or à la revente
Le prix affiché en vitrine et le prix de rachat n’ont rien à voir. Un comptoir rachète le poids d’or contenu dans le bijou, pas le travail de la maille ni la marque. Sur la grille publiée par Cookson-Clal le 16 octobre, les bijoux en or 18 carats (750 millièmes) étaient repris à 71,69 euros le gramme, et les bijoux en argent 925 à 724,01 euros le kilo, soit environ 72 centimes le gramme.
Concrètement, une gourmette en or 18 carats de 20 grammes vaut donc, au tarif de ce comptoir ce jour-là, un peu plus de 1 400 euros au poids. Le même modèle en argent massif ne dépasserait pas une quinzaine d’euros au rachat. L’écart explique pourquoi l’or reste le seul métal de bijouterie qui garde une valeur de revente réelle.
Les réflexes avant de vendre
Avant de pousser la porte d’un comptoir, il faut identifier le titrage. En France, l’or 18 carats est poinçonné d’une tête d’aigle ; le chiffre 750 apparaît aussi sur beaucoup de bijoux. Un bracelet en 9 carats contient bien moins d’or et se rachète beaucoup moins cher au gramme.
Il est utile aussi de peser le bijou chez soi sur une balance de cuisine précise, et de comparer plusieurs offres le même jour : les tarifs varient d’une enseigne à l’autre et d’un jour à l’autre, puisqu’ils suivent le cours. Enfin, un bracelet signé d’une grande maison ou un modèle ancien bien conservé peut valoir plus cher chez un bijoutier d’occasion qu’à la fonte.
Acheter un bracelet homme en or aujourd’hui : est-ce raisonnable ?
À l’achat, la logique s’inverse. Le prix d’un bracelet neuf additionne le métal, la façon, la marge du bijoutier et la TVA. Comme le rappelle or.fr, un bijou en or supporte une TVA de 20 %, alors que l’or d’investissement en est exonéré. Acheter une gourmette en pensant faire un placement est donc rarement un bon calcul : à la revente, seul le poids d’or sera payé.
Si le bijou est acheté pour être porté, l’or garde des atouts que les autres métaux n’ont pas : il ne s’oxyde pas, ne noircit pas et traverse les générations. Une maille gourmette ou figaro en 18 carats peut se transmettre sans perdre sa valeur matière.
Les alternatives qui ont la cote
Pour un budget plus serré, plusieurs options permettent d’avoir le rendu sans payer le métal au prix fort. L’acier inoxydable, solide et hypoallergénique, s’est imposé dans les bracelets masculins. Le plaqué or offre la couleur du métal jaune pour une fraction du prix, à condition d’accepter qu’il s’use avec le temps. L’argent 925 reste une valeur sûre, plus abordable et facile à entretenir.
Le cuir tressé, les perles de pierre naturelle ou le bois complètent ces choix pour un style plus décontracté. Dans tous les cas, mieux vaut un bijou que l’on porte vraiment qu’une pièce coûteuse qui rejoint les 76 % de bijoux oubliés au fond d’un tiroir.
Le bon moment pour faire le tri
Avec les fêtes de fin d’année qui approchent, l’automne est souvent le moment où l’on ouvre la boîte à bijoux. Le contexte invite à le faire avec méthode : regarder ce qu’on possède, vérifier les poinçons, décider ce qui se porte, ce qui se transmet et ce qui peut être vendu.
Un vieux bracelet en or peut aussi être transformé par un artisan plutôt que fondu : raccourcir une gourmette, la remettre au goût du jour ou en faire un cadeau pour un fils permet de garder le bijou dans la famille. Les cours de l’or bougent chaque jour, mais la valeur sentimentale d’un bracelet porté depuis des années, elle, ne figure sur aucune grille de rachat.






